Aujourd’hui, il faut vraiment y aller, le soleil est éclatant, le vent faible (moins de 10 nœuds) la mer est d’huile. Si je n’y vais pas aujourd’hui, je n’irais jamais.
Il me faut cependant toute la matinée pour faire mes courses et continuer de déménager des affaires encore stockées chez notre ex-voisin d’Ouémo.
Donc, assez tard, après 14h30, je me prépare en suivant presque une check list (comme en aviation) :
- fermer les hublots, enlever le tau, sécuriser tout ce qui bouge à bord,
- déconnecter électricité et câble télé,
- préparer la GV (enlever le tau de protection, mettre les lazy jacks, installer la drisse sur la GV),
- mettre les amarres de façon à être largables depuis le pont du voilier,
- mettre le moteur en marche,
Ensuite, je préviens le voisin, pour qu’il puisse parer son voilier, et vienne m’aider à larguer les amarres.
Je vois bien qu’il est inquiet de me voir sortir seul, il n’arrête de me répéter qu’avant de se lancer, il est sorti de nombreuses fois accompagné lorsqu’il a pris son bateau. Certes, mais les gens ne sont prêts à monter avec moi que lorsque j’aurais moi-même un peu de pratique, il y a là une difficulté qui me bloque. Mais, pensais-je en moi-même, il n’y a pas de vent aujourd’hui et au pire, je rentrerai au moteur.
Donc, c’est parti, je sors correctement dans la baie, et me mets bout au vent, comme nous l’avions répété lors de la prise en mains avec Stéphane, l’ancien propriétaire.
Premier problème, la drisse passe sous le lazy jack, il faut redescendre la voile et remettre correctement la drisse. Ensuite, une latte est gênée, toujours par ce lazy jack, pas difficile de redescendre la voile, et de la remonter.
Puis, enfin, je monte cette fameuse GV, mais je peine comme une bête, je suis complètement essoufflé par l’effort à fournir, je ne comprends pas d’où vient la difficulté, et de plus, la baume se lève. Je n’y comprends rien et suis complètement exténué. Heureusement, je ne dérive pas trop, la mer est toujours d’huile et le vent absent. C’est alors qu’un couple dans un petit canot m’appelle et me demande s’ils peuvent m’aider, car, m’expliquent-ils, mes bosses de ri ne sont pas au clair et m’empêchent d’établir ma voile.
Ils me demandent permission de monter à bord, que je leur accorde, trop content d’une aide, pendant que j’essaie de reprendre mon souffle. En un clin d’œil, Maurico met tout au clair et monte la GV.
Nous faisons vite connaissance autour d’une bière en nous éloignant de la passe, puis je leur demande, si rien ne les appelle ailleurs, s’ils sont partants pour venir avec moi faire un tour en mer. Destination pour ce soir : l’îlot Maître.
Ils sont OK, et c’est comme cela que j’ai fait la connaissance de Joanne et Mauricio. Deux zoreilles, comme moi, arrivés depuis 2 mois en Nouvelle Calédonie, ils se sont connus en Corse. Tous deux passionnés de voile, ils ont fait l’école des Glénans, et viennent d’acheter un voilier à retaper ici. Le temps de se refaire une caisse de bord et ils comptent faire le tour du Pacifique en 2009. Joanne est enceinte de 3 mois, et il faut de temps en temps la modérer dans ses efforts !
Bref, j’ai de la chance de tomber sur eux. Ils me montrent pas mal de choses avec simplicité et gentillesse.
Après un grand bord au près arrivée à l’îlot Maître à temps avant la nuit, descente à terre pour l’apéro, et une bonne douche à la piscine du restaurant.
Le lendemain, départ tranquille sous un soleil éclatant, nous faisons un bord vers Nouméa, repassons l’îlot Maître puis continuons voir un banc de sable où s’attroupent des voiliers. Je n’arrive pas à retrouver ma carte, aussi, Mauricio monte à la première barre de flèche pour s’assurer des passes.
Le temps est si calme que nous sortons la trinquette sur le bas étais, récupérant le vent sous la chute de la voile d’avant (c’est plus qu’un foc mais pas un génois: justement, la chute en est plus haute, il faut que je retrouve son nom). Au retour, le soir, nous installons le genaker (qui, contrairement au spi n’a pas besoin d’un tangon) avec sa chaussette.
Tout ceci demande de mettre le voilier sans dessus- dessous pour tout retrouver, voiles et écoutes, que je n’avais pas encore repérées et restaient rangées, là précisément où j’avais mis mon bazar, dans la cabine tribord, d’où quelques coups de fils à Stéphane qui suivait ainsi nos progrès dans la pris en main du Olla.
Bref, retour tranquille, tellement que l’on a fini au moteur à l’entrée de la baie de l’Orphelinat. Surprise du voisin, en nous voyant rentrer à 3 lorsque je partis seul.
Très bonne sortie finalement qui m’a permis de prendre conscience du peu que je savais, mais a mis sur ma route ce couple, avec qui je pourrais ressortir, tant que leur propre voilier ne sera pas opérationnel.
Il faut repartir au plus vite et apprendre, apprendre, apprendre...
Corto